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Journal
Deux (mauvaises) raisons d'éviter le rasage traditionnel.
  • Michael Carpentier
  • 2011-11-04

Salut les Louveteaux. Repos.

Aujourd'hui, je partage avec vous mon étonnement d'entendre des hommes adultes s'inquiéter pour des broutilles. Ne vous en faites pas, je vais prendre soin de vos angoisses contemporaines et urbaines comme un weed-eater des mauvaises herbes.

Raison étrange 1 : La peur.

Extrait d’un courriel envoyé par un curieux il y a quelques jours : « Je suis intéressé par le rasage traditionnel, mais les rasoirs de sûreté me font peur : je ne veux pas m’arracher la face. »

À moins que l’épiderme facial de l’homo sapiens mâle ne soit devenue très, très sensible en seulement 2 générations, je doute beaucoup qu’il soit plus dangereux de se raser avec un rasoir de sûreté en 2011 que ce ne l’était en 1950. À preuve, nos grands-pères ont survécu à cette terrible épreuve, et certains ont même réussi à conserver leurs jolies gueules après toutes ces années sans être particulièrement habiles.

C’est particulièrement paradoxal d’entendre ce genre de réflexion à l’ère des guerriers de fins de semaine amateurs de grosses camionnettes viriles, de vélo de descente, de base jumping et de combats extrêmes. Jamais les loisirs n’ont été aussi douloureux, mais on a peur de se faire un peu bobo en se rasant?

Faudrait demander à un sage de la montagne ce que ça signifie...

Permettez-moi donc de vous rappeler paternellement, tel un modèle masculin viril mais compréhensif, que :

...si le rasage traditionnel était dangereux, il serait interdit ou réglementé;

...comme n’importe quelle habileté de base (comme, par exemple, faire du vélo ou piloter un chasseur-bombardier la nuit, dans le brouillard, sous le feu intense de la DCA), ça demande un apprentissage. Il est possible que vos premiers efforts soient plus malhabiles, mais après tout ira bien;

...dans le pire des cas, vous vous couperez UN PEU. On ne parle pas d’une balafre digne d’Albator ou d’une amputation, seulement d’une toute petite effusion de sang de rien. Du nerf que diable, y’a des types qui paient cher le privilège de se taper sur la gueule dans des gyms de boxe ou de jouer au rugby, sports qui jouissent d’une hausse de popularité explosive depuis quelques années;

...les éventuelles PETITES blessures se refermeront d’elles-mêmes après vous être aspergé le visage d’eau froide. Pour les autres ou les matins de rendez-vous importants, il y a le bloc d’alun;

...la plupart des gens que je connais qui utilisent des rasoirs de sûreté ont encore un visage; 

...aucun de vos oncles, grands-oncles, grands-pères ou ancêtres n'est jamais décédé d'un terrible accident de rasoir. N'est-ce pas?

Voilà qui devrait vous rassurer.

Raison étrange 2 : Le rasage traditionnel, c’est du boulot.

La question de la moumounerie étant réglée, passons à l’autre question souvent posée : « Pourquoi changer, mon rasoir électrique fait très bien le boulot! »

Si c’est ce que vous retenez, c’est qu’on s’est mal compris. Reprenons.

L’idée du rasage traditionnel (« wet shaving » dans la langue de Worcestershire) n’est PAS d’obtenir des résultats supérieurs au rasage électrique. C’est plutôt de transformer le « boulot » en plaisir.

Le but, c'est de prendre quelques minutes pour faire un truc pour soi, lentement, en se concentrant sur une chose très simple. D’avoir le plaisir d’utiliser des produits conçus avec amour pour la qualité et non seulement pour l’efficacité.

Bref, c’est comme faire du yoga avec une lame.

Le rasage traditionnel est censé être agréable. Ça sent bon, c’est vivifiant, c’est reposant. Les femmes adorent ça. Oui, c’est un peu plus long et ça demande de l’attention. C’est pourquoi certains le pratiquent seulement le week-end, quand ils ont un peu de temps. 

Un peu comme le base jumping, le vélo de descente et le combat extrême quoi...